Hommage à Henri Giraud et Roland de La Poype

Le pilote des cimes et l’as du Normandie-Niemen

  • 40 000heures de vol
  • 100 000atterrissages en montagne
  • 23.06.1960premier atterrissage au sommet du Mont Blanc

Né en Isère en 1920, il effectue son premier vol à Challes-les-Eaux (1936) : il devient pilote à 17 ans.

1939, pilote militaire à 19 ans (Istres et AFN). 1945, à 26 ans, il est moniteur dans les centres nationaux.

Chef-pilote à l’aéroclub du Dauphiné, il effectue en 1957 un stage de formation en Suisse avec le grand Hermann Geiger, inventeur de l’atterrissage en montagne : « l’élève surpassera le maître, par son audace »… Henri Giraud, créateur en France de la méthode d’atterrissage en montagne, a permis la création d’Air Alpes.

En 1971, il crée l’Aéroclub de l’Oisans à l’Alpe d’Huez, où il forme des pilotes de montagne.

Le 27 août 1957, il réalise le premier atterrissage sur le Mont-Aiguille, sur une « piste » de 80 mètres de long et 24 % de pente ! Le 23 juin 1960, premier atterrissage au sommet du Mont Blanc, filmé par le journaliste Aimé Mullard, déposé sur place par Jean Moine en hélicoptère, survolé par Dardaine avec l’avion « Le Progrès ».

Henri Giraud décède le 19 novembre 1999 après 40 000 heures de vol et 100 000 atterrissages en montagne ! Il est enterré à Marcilloles (Isère).

Le pince-sans-rire

« Il y a autant de différence entre un pilote de plaine et un pilote de montagne qu’entre un mouton et un chamois, et n’est pas chamois qui veut ! »

Et à des jeunes :

« …vous qui êtes encore au début du grand voyage de la vie, je vous dis : mordez à belles dents, en regardant ce qui est beau et éternel, le soleil et les fleurs, les femmes et les enfants, les oiseaux et la montagne, criez c’est beau ! Criez merci Seigneur, car nous recevons tout cela comme un don et non comme un dû ! »

  • 16victoires aériennes
  • 1 200heures de vol
  • 273avions ennemis abattus par le Normandie-Niemen

Né le 28 juillet 1920 en Auvergne, il part à 10 ans avec sa famille en Anjou.

Pensionnaire chez les Jésuites au Mans, il apprend à piloter (aviation populaire). Études d’ingénieur agronome, comme son père, le comte Xavier. En décembre 1939, il devance l’appel et est breveté « caporal-pilote » à l’École principale d’aviation d’Étampes, où il entend avec ses camarades « l’appel du 18 juin » : « réflexe patriotique, refus d’être prisonnier sans combattre, souvenir des discussions avec le Père sur les dangers de l’Allemagne nazie… et un fort goût de l’aventure ». Il embarque à Saint-Jean-de-Luz sur un bateau polonais vers Plymouth. Sergent dans les FAFL, mitrailleur du GB n° 1 à Dakar et au Gabon, il suit l’entraînement des pilotes de la RAF. Avec six mois de retard, il apprend la mort de son père, tué à l’ennemi en 1940 ; sa mère meurt trois mois après.

  1. 1942

    Au sud de Londres, adjoint de l’as irlandais Paddy Finucane, son chef de groupe et son modèle, il abat son premier Messerschmitt 109 ; Paddy est tué peu après… Volontaire pour le GC 3 « Normandie » en création au Moyen-Orient, il arrive à Astrakhan après un périple interminable (Afrique noire, Égypte, Téhéran).

  2. 1943

    Lieutenant et commandant en second de la 1re escadrille du « Normandie », sur son excellent Yak 3, « peaufiné » jour et nuit par Alex. Kapralov, « son » mécanicien. Lors des opérations d’Orel, Smolensk… Niemen, en douze jours, il abat huit appareils allemands !

  3. 9 déc. 1944

    Le général de Gaulle lui remet la Croix de la Libération puis, avec trois autres camarades, fait unique, il reçoit l’Étoile d’or de l’Union soviétique. Le Normandie devient « Normandie-Niemen ».

  4. 20 juin 1945

    Capitaine, commandant la 1re escadrille, avec 16 victoires en 1 200 heures de vol, il rentre en vol au Bourget aux commandes de son Yak 3, cadeau personnel de reconnaissance du maréchal Staline pour les 273 avions ennemis abattus (42 pilotes tués sur 96 engagés).

  5. 1947

    Il quitte l’armée : c’est le début de ses multiples carrières. Il gère des fermes modèles, puis se lance à fond dans l’industrie naissante des plastiques ; avec Vasarely, il crée le berlingot Dop. Il réalise la carrosserie de la Citroën « Méhari ».

  6. 1970

    Passionné par l’océan, il crée le Marineland d’Antibes ; sans cesse il imagine, entreprend… sa grand-mère n’était-elle pas une de Montgolfier ?

  7. 1996

    Il épouse Marie-Noëlle, fonde une famille et devient maire de sa commune : « toujours léger, refusant le statut d’icône, moquant la componction et la solennité », fidèle à la parole donnée avec Paddy Finucane : « je tire sur la machine, pas sur le gars qui est dedans ».

Et il ajoute :

« On peut faire la guerre sans l’aimer, on peut aimer la vie sans craindre la mort. »

Il décède le 23 octobre 2012, dans sa 92e année. Ses cendres sont à la chapelle de Cozance (Trept, Isère), berceau depuis 700 ans de la famille de La Poype.